Enseigner la plongée sous marine : les conseils de Yannick Dacheville

Le métier de moniteur de plongée s’exerce dans un milieu aquatique et consiste à former et à initier les plongeurs débutants avant de les accompagner sous l’eau. Il existe d’autres options telles que l’accompagnement de la plongée et de voyages, mais cela varie selon l’entreprise et le poste. C’est un moniteur de plongée qui se charge de faire passer le baptême de plongée qui est une activité très prisée par les touristes. Alors, devenir moniteur de plongée s’effectue étape par étape selon qu’il ne faut rien laisser au hasard tout en suivant un cursus avec sérieux.

Les fonctions d’un moniteur de plongée avec Yannick Dacheville

Un moniteur ou monitrice de plongée accompagne en général les plongeurs sous l’eau tout en organisant les activités propres à la plongée (travail concernant la respiration, opération de découvertes, balade en plongée, etc.), et cela qu’il s’occupe de la spécialisation ou de l’initiation.

Ces activités peuvent se pratiquer dans un milieu protégé (la piscine) comme dans un milieu naturel (mer). Le moniteur de plongée peut aussi se spécialiser dans l’accompagnement de voyages ou dans la vente de matériel selon l’explication de Yannick Dacheville. (Voir ses conseils ici)

Il lui est possible d’exercer cette profession en indépendant, en montant sa propre société de plongée. Le diplôme et les capacités acquis durant sa formation lui permettent de former de futurs plongeurs et instructeurs.

Les étapes pour en devenir un

Devenir un enseignant de plongée sous marine a besoin d’un travail sérieux et de formation correcte. Tout commence en principe par un baptême de plongée, l’envie de devenir un moniteur arrive souvent plus tard. C’est pour cela qu’il faut suivre les étapes et ne pas sauter le cursus pour progresser dans le domaine.

Le baptême de plongée

Le baptême est la première incursion dans le monde sous-marin. Il suffit à la personne d’être en forme pour participer à cette première plongée dans les eaux sous-marines. Il est accessible dès l’âge de 8 ans selon l’explication de Yannick Dacheville.

Il ne permet pas seulement de suivre un moniteur, mais aussi de découvrir la beauté naturelle des fonds sous-marins en toute liberté et sécurité. Le baptême peut durer entre 20 et 40 minutes et peut se dérouler sur la surface comprise entre 3 à 7 mètres de profondeur.

Le matériel de base pour une plongée en bouteille est composé de deux palmes, d’un masque, d’une ceinture de lest pour la compensation de l’excès de flottabilité et d’une fameuse combinaison isothermique. Le gilet de sécurité et le bloc bouteille de plongée sont aussi indispensables pour une première séance.

La formation de plongeur

Une formation en tant que plongeur est d’abord à passer avant de suivre à nouveau une formation en tant que moniteur. D’ailleurs plusieurs niveaux doivent être effectués, précise Yannick Dacheville.

– La formation Niveau 1

Un plongeur de Niveau 1 est normalement capable de faire des plongées d’exploration dans une profondeur pouvant atteindre jusqu’à 20 mètres. Cela s’effectue au sein d’une palanquée accompagnée d’un GP (Guide de Palanquée). Ce dernier prend en charge et dirige la plongée.

Les plongées sont notamment réalisées dans un cadre d’une structure sécurisée, généralement mise en place par le DP (Directeur de Plongée), en fonction des règlements régis par le CdS (Code du Sport).

Un plongeur ayant ce niveau sait normalement s’équiper avec les matériels, s’immerger dans l’eau, s’équilibrer et s’évoluer une fois dans la mer. Il doit aussi savoir prévenir pour lui-même les éventuels incidents de plongée. L’entraide avec un équipier est une qualité requise en cas d’incident jusqu’à ce que le GP arrive.

Il doit avoir au moins 14 ans, mais cet âge est abaissable à 12 ans sous certaines conditions : demande volontaire des parents ou de l’intéressé au président du club, avis favorable du président du club et du moniteur, présentation d’un certificat médical.

– La formation Niveau 2

Un plongeur de Niveau 2 doit être capable de faire des plongées d’exploration jusqu’à une profondeur de 20 mètres. Cela se déroule au sein d’une palanquée sans aucun Guide de Palanquée mais en autonomie. Il doit être accompagné au moins d’un équipier majeur qui a le même niveau que lui.

La présence d’un Directeur de Plongée sur le site s’avère nécessaire puisque c’est lui qui donne toutes les consignes en ce qui concernent le déroulement de l’activité selon la confirmation de Yannick Dacheville.

Il peut choisir d’explorer jusqu’à 40 mètres de profondeur au sein d’une palanquée mais seulement accompagné d’un Guide de Palanquée pour prendre en charge et conduire la plongée. Les plongées qu’il effectue sont réalisées dans un cadre d’une structure organisée.

Le plongeur ayant ce niveau peut être autonome pour s’équiper, s’équilibrer, s’immerger, évoluer et surtout s’orienter dans l’eau. Il sait également prévenir pour lui-même les incidents de plongée. Cette certification est le niveau de plongeur minimum requis pour avoir accès au brevet d’initiateur.

Un plongeur N2 doit avoir plus de 16 ans et doit posséder un brevet de plongeur N1 de la FFESSM. Certaines certifications sont acceptées si seulement elles sont jugées équivalentes pour pouvoir débuter cette formation de Niveau 2.

– La formation Niveau 3

Un plongeur ayant ce niveau est capable de faire des plongées d’exploration en autonomie à une profondeur de 40 mètres. La présence d’un Directeur de Plongée sur le site n’est pas requise, mais il a quand même besoin d’un équipier ayant la même compétence que lui.

Il peut plonger jusqu’à 60 mètres de profondeur, mais en présence d’un Directeur de Plongée sur le site pour donner les consignes nécessaires au déroulement de l’activité. Les plongées sont généralement réalisées dans un cadre d’une structure sécurisée selon la loi définie par le Code du Sport.

Un plongeur ayant ce niveau sait choisir le site de plongée et sait appliquer collectivement et individuellement les consignes venant du Directeur de Plongée. Ses prérogatives sont régies par le Code du Sport.

Sa qualification RIFAP et sa formation générale fait de ce brevet le degré ultime d’une formation technique en tant que plongeur. Cette certification est requise pour pouvoir accéder au brevet de Guide de Palanquée.

Le plongeur doit être âgé d’au moins 18 ans, titulaire de brevet de plongeur N2 de la FFESSM et être titulaire du RIFA Plongée FFESSM. Attention ! Le brevet attribué au Niveau 3 français n’est pas reconnu au même titre de Guide de Palanquée que ce soit en France ou à l’étranger.

– La formation en tant que guide de palanquée Niveau 4

Le diplôme en tant que Guide de Palanquée de la FFESSM certifie la maîtrise des compétences nécessaires pour pouvoir exercer cette fonction en exploration qui est régie dans le Code du Sport.

Cet encadrant doit avoir une compétence sur l’« Accueil des plongeurs » (répondre et conseiller selon les besoins du public et des plongeurs), avoir le sens de l’« Organisation » (participation à l’organisation de l’activité), sécuriser l’activité (prévenir les incidents et intervention si besoin), etc.

Les candidats sont acceptés pour participer à l’examen sous conditions : titulaire de licence FFESSM, âgé de plus de 18 ans, titulaire du brevet N3, titulaire de la carte RIFA (A1, A2, A3, présentation d’un certificat médical précisant le non contre-indication à la plongée sous marine délivré par le médecin fédéral.

– La formation en tant que Directeur de Plongée

La qualification en tant que Directeur de Plongée Niveau 5 atteste la maîtrise des capacités requises afin d’exercer cette fonction. Les compétences s’exercent généralement sous la responsabilité d’un président de club.

Il peut ainsi valider sur un carnet de plongée les immersions faites par un plongeur présent sur le bateau. Il faut cependant noter que la validation des plongées n’est pas tenue en compte parmi le nombre de plongées requis pour avoir accès aux brevets d’Etat.

Un encadrant ayant le Niveau 5 doit au moins avoir une de ces compétences : accueil des plongeurs, choix de site de plongée, planification et organisation du déroulement de l’activité, sécurisation et préventions des risques, connaissances support, attestation de la fonction de DP.

Quelques conditions doivent être remplies par un stagiaire pour le poste de DP : titulaire de la Licence FFESSM, + de 18 ans, Francophone, titulaire de la qualification GP (Guide de Palanquée), N4 de la FFESSM (équivalent du BP-JEPS ou N4 de l’ANMP), titulaire d’une carte RIFA Plongée, justification d’une expérience de GP (+de 15 plongées en tant que GP), acquisition en situation réelle des compétences du référentiel.

Ce sont les niveaux nécessaires en tant que plongeurs, et c’est d’ailleurs la route à franchir pour devenir un moniteur ou une monitrice de plongée tout comme Yannick Dacheville. Il est important de noter que pour une activité professionnelle florissante, il vaut mieux suivre les formations de plongeurs et ne pas brûler les étapes.

La formation en tant qu’initiateur

Les prérogatives d’un initiateur de club sont définies dans le Code du Sport, c’est-à-dire que c’est à lui de surveiller et d’organiser les séances en bassin pour une profondeur de 0 à 6 mètres, de responsabiliser l’enseignement en bassin (Directeur de Plongée), d’enseigner les débutants, de participer au jury du brevet N1 et de valider les compétences du brevet N1.

Un stagiaire ou une personne en formation ne peut pas enseigner qui que ce soit. Le TSI présent est le premier responsable de toute action pédagogique pendant une séance avec de véritables élèves.

Les prérogatives de l’E2 (Initiateur + Guide de Palanquée)

Les initiateurs brevetés en tant que Guide de Palanquée peuvent enseigner la plongée dans un club dans une profondeur entre 0 et 20 mètres, si le Président du club donne son accord pour cette initiation. Ils peuvent ainsi enseigner mais sous la direction et l’assistance d’un moniteur de 1er degré licencié.

La validation des compétences effectuée par les initiateurs

Ils peuvent valider les compétences du N1 et du N2 et la délivrance de ces diplômes s’effectue sous la signature du Président du club. Entre autres, ils valident également les plongées en milieu naturel qu’ils ont encadré.

Ces plongées ne sont pas tenues en compte parmi le nombre de plongées requis pour avoir accès aux brevets d’Etat (la signature doit être effectuée au minimum par un E3) selon Yannick Dacheville dans un commentaire sur Facebook.

Devenir moniteur

Moniteur 1er degré

Devenir moniteur de plongée nécessite du temps et celui-ci doit être utilisé de façon optimale si la personne veut avoir le niveau correspondant tout en assurant un débouché. Le passage de débutant à expert en plongée peut être rapide, mais cela dépend principalement de l’aisance, de la motivation et du travail du futur moniteur en plongée.

Il n’y a pas que de la pratique pour améliorer les compétences rapidement, il faut également un bon niveau théorique pour comprendre l’ensemble et le fonctionnement des changements physiologiques et physiques chez un plongeur.

Cette qualification permet d’enseigner tous les niveaux de plongeur dans une zone de 40 mètres, confirme Yannick Dacheville.

Moniteur 2ème degré

Cette qualification permet à une personne ayant suivi la formation d’enseigner tous les niveaux de moniteur. Le moniteur 2ème degré peut guider les plongeurs déjà certifiés sans pour autant délivrer de formation seulement en passant le Dive Master.

Un moniteur peut, après son niveau 4 ou son Dive Master et de 100 plongées au minimum, s’orienter vers d’autres formations professionnelles ou devenir enseignant à l’étranger.

Attention ! Aucun des ces niveaux cités n’assurent le versement de salaire en France. Cependant il existe parfois des allègements de formation vers le niveau « Professionnel » pour ceux qui détiennent ces titres. De ce fait pour avoir accès à un BPJESP, Yannick Dacheville conseille de passer par le MF1.

La formation Trimix permet à un plongeur déjà professionnel d’atteindre la zone de plongée qui dépasse les 70 mètres. Il faut qu’il soit titulaire d’une qualification Plongeur Trimix Elémentaire qui a les mêmes avantages que celles correspondantes mais régies dans le Code du Sport.

Le but d’atteindre cette profondeur de plus de 70 mètres a besoin d’une mise en œuvre des moyens essentiels et d’une préparation puisque le plongeur nécessite une bonne quantité de gaz et d’un matériel très complexe.

D’autres informations sur Yannick Dacheville ici